Avez-vous déjà eu le sentiment d’être dépassé voir écrasé par votre potager — par une croissance incontrôlée des légumes, des maladies ou une trop grande abondance de récolte ?

Si c'est votre cas, rassurez-vous, je vous comprends et vous n’êtes pas seul.

Lorsque j’ai démarré mon premier potager en 2012, je n’avais pas le luxe d’avoir un terrain à proximité immédiat de mon logement et j’habitais alors à plus de 15 km.

Comme vous vous en doutez, l’entretien demandé une bonne organisation, car je n’avais pas la possibilité de consacrer beaucoup de temps à mes légumes.

J’ai donc rapidement mettre en place des stratégies pour avoir un potager facile à entretenir tout au long de l’année.

L’une des stratégies qui m’a permis de produire plusieurs dizaines de kilos de légumes en habitant loin de mon potager a été d’apprendre à identifier et de gérer les priorités au potager

Afin de vous permettre d'appliquer cette stratégie chez vous, voici les 4 conseils sur la gestion du potager que j'aurais aimé connaitre avant de débuter.

En suivant ces 4 conseils, non seulement vous allez réduire drastiquement le temps et l'énergie dédié à l'entretien mais en plus vous allez être beaucoup plus serein face aux imprévues (et croyez moi au potager c'est très fréquent). 

Alors, vous avez pris de quoi noter ?

Allez, c'est partit !

Conseil n°1 : Pour un potager facile a entretenir, il faut une liste des tâches 

De façon générale, on peut dire que je suis une personne de liste.

Au bureau ou sur le terrain à observer les insectes, je ne suis jamais loin d’un petit bloc-notes où je note toutes les pensées qui me traversent l’esprit et les choses que je devrais faire.

Lorsque je suis au potager, c’est pareil, mon fidèle bloc-notes m’accompagne toujours.

Pourquoi ?

Pour éviter d’oublier ce que j’observe, bien sûr !

En effet, lorsqu’on est au milieu d’une tâche de jardinage, on voit généralement une douzaine d’autres choses à faire.

Mais, lorsque la phase de jardinage est terminée et que nous rentrons à la maison, notre esprit est souvent occupé par ce qui va suivre, et il est facile d’oublier ce qu’on a observé.

En revanche, si vous gardez votre liste avec vous dans le jardin, vous pouvez noter ces éléments sur le moment et les organiser plus tard.

Par exemple, vous pourrez très bien les classer selon leur priorité (élevées et faibles), les regrouper en fonction des ressources nécessaires, par zone du potager ou en fonction de la météo.

Un principe essentiel pour bien travailler à partir d’une liste est de garder sa liste flexible. Les priorités peuvent changer au cours de la journée ou d’un jour à l’autre.

Par exemple, la météo peut vous empêcher de vous attaquer à votre principale priorité du jour. Dans ce cas, il ne vous reste plus qu’à basculer sur les tâches à accomplir lorsqu’il pleut.

Aucune perte de productivité et donc aucune accumulation des tâches à accomplir.

Aussi, c’est une bonne idée de diviser les grandes tâches en plus petits éléments.

En effet, au fur et à mesure que vous accomplissez les petites choses, vous ressentez un plus grand sentiment d’accomplissement et vous êtes plus encouragé à continuer même si le reste de votre liste peut vous sembler interminable.

Cela peut paraitre un peu lourd mais, c'est super important alors je le répète une dernière fois : dans votre quête d'un potager facile à entretenir, une liste des tâches bien organisée sera votre meilleure alliée.

potager facile à entretenir

Conseil n°2 : Ne visez pas la perfection mais le progrès

À mes débuts, j’étais obsédé par l’atteinte de la perfection dans mon potager.

Je voulais que tout soit parfait : arrosage, taille, sol, gestion des ravageurs, récoltes, etc.

Alors, pour y arriver, je lisais énormément, regardez des vidéos et surtout j’écoutais des podcasts sur le jardinage. Des centaines de podcasts !

À l’époque, j’écoutais régulièrement un podcast américain appelé The Joe Gardner Show.

C’est durant un épisode de ce podcast qu’une invitée a prononcé une phrase qui allez révolutionner ma vision du jardinage.

La voici :

L’âme du jardinage, c'est le progrès, pas la perfection.

Margaret Roach - Autrice et Fondatrice du site A Way To Garden

Sérieusement, vous devriez relire cette phrase.

J’ai réalisé à ce moment, qu’il est si facile de se laisser entraîner dans la poursuite de la perfection que l’on perd de vue les progrès accomplis.

Rappelez-vous que chaque petit geste compte.

Même si vous ne pouvez consacrer que 10 minutes au désherbage ou à l’élimination des gourmands de tomate, le résultat final est meilleur qu’au départ.

Célébrez cela.

Par exemple, dites vous que ce n’est pas si grave si certains endroits de votre potager s’enfichent un peu.

En plus, un potager parfaitement entretenu est peut-être l’image idéale que vous vous faites de votre jardin, mais elle ne convient pas du tout à la biodiversité.

En revanche, en permettant aux herbes de pousser, aux feuilles mortes de rester sur le sol  en acceptant un peu de désordre dans le jardin vous créez un habitat pour les pollinisateurs, les insectes auxiliaires, les oiseaux, les grenouilles et bien d’autres créatures utiles.

Par exemple, sur sa ferme, Damien Dekarz a adopté cette approche depuis plusieurs années, et ses résultats sont bluffants.

C’est fascinant de voir autant de biodiversité s’épanouir dans les zones sauvages de son terrain.

Vous aussi, prenez le temps de savourer et d'observer toute la vie qui existe dans votre potager.

Conseil n° 3 : Appliquez la méthode P.A.C contre les mauvais herbes (adventices)

En préparant cet article, j’ai interrogé 100 jardiniers différents pris au hasard sur des groupes Facebook, pour leur demander ce qui crée habituellement le plus de surmenage dans leur entretien du potager.

La météo a été un facteur de stress important pour beaucoup (13 %), mais ce n’est pas le point principal, soulevé par les jardiniers interrogés.

En effet, dans 70 % des cas ce fut la gestion des adventices qui fût le plus problématique.

Cela peut facilement se comprendre car c'est souvent un tâche très chronophage.

Alors, quel est mon meilleur conseil pour minimiser la prolifération des mauvaises herbes  ? 

Le voici :

Appliquer la méthode P.A.C.

1) Pailler — Voilà pour le P.

Une bonne couche de paillage (10 cm d'épaisseur) empêche la lumière de frapper la surface du sol, de sorte que les mauvaises herbes n’ont pas la possibilité de germer.

Le paillage réduira considérablement le nombre d'adventices que vous aurez à combattre.

En outre, le paillage se décompose pour améliorer la santé du sol et il aide le sol à retenir l’humidité, ce qui réduit le besoin d’arrosage.

Si vous voulez en apprendre plus sur le paillage, je vous recommande de lire mon article sur le sujet :

Le guide ultime du paillage : tout ce dont vous devez savoir !

2) Arroser efficacement — Voilà pour le A

Les adventices sont comme toutes les plantes et ont besoin d’eau pour survivre.

Si vous utilisez un système d’irrigation goutte à goutte, un tuyau poreux ou un arrosage à la main, vous pouvez arroser précisément et déposer l’eau à la base de vos plantes.

Moins de mauvaises herbes recevront de l’eau, ce qui signifie que vous aurez moins de mauvaises herbesLogique , non ?

3) Connaitre son ennemi - Et enfin le C.

Pour les mauvaises herbes qui apparaissent inévitablement dans certaines zones de votre jardin, votre meilleure ligne de défense sera d'en apprendre plus ces végétaux.

Identifiez les espèces contre lesquelles vous vous battez, et étudiez-les (vraiment) pour apprendre les meilleures techniques de gestion.

Conseil n°4 : Devenir un jardinier proactif 

Souvent, c'est vers la fin de la saison que nous commençons à ressentir un sentiment de surmenage dans le potager.

En effet, il n'est pas rare que l'on ait envie de tout tondre et de recommencer l'année prochaine.

Les parasites et les maladies sont omniprésents, les plantes ont besoin d’être taillées, l'herbe continue de pousser, la production de légumes est en plein essor (espérons-le !), les bacs de cultures nécessitent un arrosage quasi permanent - tout cela peut être difficile à gérer.

Heureusement, lorsque vous jardinez depuis des années, vous avez l'avantage d'avoir traversé et survécu à tout cela auparavant et vous savez que vous pouvez le faire à nouveau.

Cependant, le jardinage est toujours un processus d'apprentissage.

À cette fin, voici quelques mesures plus proactives à envisager de faire dans votre jardin la saison prochaine :

A) Réduisez vos effectifs

Cela peut être difficile.

Nous sommes tous désireux d'ajouter plus et de faire plus chaque année.

Je comprends cela.

Après tout, j’ai déjà planté plus de 23 variétés de tomates la même saison, alors que j’été encore un débutant. En revanche, j’ai ressenti immédiatement la pression que je m’étais imposée pour le succès de ce projet.

Parfois, plus ne veux pas dire mieux.

Si vous vous êtes senti surmené cette saison par des contraintes de temps, des problèmes de parasite, d'arrosage, etc., il est peut-être temps d'adopter une approche plus réaliste et de réduire l'espace que vous pouvez entretenir de manière agréable.

Après tout, c'est censé être amusant, non ?

B) Focus sur la santé de votre sol

Je parle et écris souvent sur la santé du sol.

Lorsque votre sol est sain, il est plus à même de retenir et de fournir l'eau et les nutriments dont vos plantes ont besoin.

Cela augmente leur résilience.

Les plantes résilientes sont mieux équipées pour lutter contre les parasites et les maladies.

Si vous apportez à votre sol les nutriments organiques dont il a besoin, vous passerez moins de temps chaque année à lutter contre les maladies et les parasites.

Mais attention : vous risquez d'être débordé par des récoltes beaucoup plus abondantes, mais personnellement je choisirai cette forme de débordement à chaque fois !

C) S'attaquer aux problèmes dès le début

Par exemple, éliminez les mauvaises herbes pendant qu'elles sont jeunes.

Régulièrement, passez quelques minutes à vérifier si vos plantes sont infestées de parasites, afin de les éliminer avant qu'ils n'arrivent à maturité et ne se reproduisent.

Taillez le feuillage malade dès qu'il apparaît pour empêcher la maladie de se propager.

D) Recentrez-vous !

Il y a des moments où vous feriez mieux de vous asseoir avec un stylo et du papier (ou votre application d'organisation préférée) et de rassembler vos idées.

Notez tous ces projets et tâches, puis organisez-les et classez-les par ordre de priorité.

Fixez-vous de petits objectifs que vous savez être en mesure d'accomplir au cours d'une journée, afin de pouvoir cocher quelque chose comme étant terminé.

Lorsque vous vous attaquez à une tâche, concentrez-vous uniquement sur celle-ci.

Ne vous laissez pas distraire par d'autres travaux de jardinage - restez sur cette seule tâche jusqu'à ce qu'elle soit terminée.

Certains jardiniers trouvent utile de fixer une période spécifique, par exemple 30 minutes pour ne faire que désherber.

Vous serez surpris de voir tout ce que vous pouvez faire lorsque vous vous autorisez à rester concentré.

Dans quel ordre appliquer ces conseils pour avoir un potager facile à entretenir ?

Vous connaissez désormais les 4 astuces que j'utilise pour avoir un potager facile d'entretien.

Elles ont toutes leur utilité, mais si vous êtes débutant je vous conseil d'appliquer la n°3 en priorité

En effet, en réduisant drastiquement le désherbage grâce au paillage et l'arrosage maitrisé, vous allez gagner énormément de temps et d'énergie.

De cette façon, l’entretien du potager vous semblera beaucoup plus agréable et cela se ressentira dans sa productivité et votre humeur au jardin.

Une fois maitrisée, passez à la n°1.

L’utilisation d’une liste pour gérer l’entretien de votre potager procure un sentiment de contrôle incroyablement apaisant, car on sait exactement quoi faire et le moment idéal pour le faire.

Cela permet, notamment au débutant, d’éviter le sentiment d’être dépassé évoqué au début de l’article ce qui est très important pour conserver pendant de longues années la flamme du jardinage.

Avant de partir, dites-moi en commentaire quelles sont vos principales sources de débordement au potager et quels moyens de gestion vous avez mis en place pour les maitriser.

Et comme toujours, si vous pensez que cet article peut aider d'autres jardiniers proches de vous, partagez-le sur les réseaux sociaux juste en dessous !

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